Été 2026

Mot du Président

Dans la perspective qu’offre le temps profond de la géohistoire, loin d’être immuables, nos montagnes nous apparaissent de plus en plus dans leurs capacités d’adaptation aux temps qui changent.

Cette acuité nous incite à devoir aborder autrement les modèles d’exploitation de leurs ressources et, compte tenu d’une économie de marché durablement mise à l’épreuve, à en concevoir autrement les produits.

Ainsi, en regard des éloges sur les Pyrénées quant à leurs facultés de dépaysement, nous nous trouvons en devoir de réapprendre à les « payser » de concert, et différemment. La recherche-action engagée à partir de la Ferme de Rieunel en est un premier exercice.

Très cordialement.

Géohistoire du pastoralisme en Haut-Adour
(3ème session)

Installation du campement par Artahe Voyages Muletiers dans une haute vallée de la Gaoube particulièrement verdoyante © CAF – 22 juin 2026

Du 22 au 27 juin, des chercheurs en géohistoire du Consortium de l’IR* Huma-Num Projets Time Machine, accompagnés cette année de chercheurs de l’Université de Sienne en Italie, effectuent le relevé complet des multiples occupations pastorales et des structures hydrauliques se trouvant dans la haute vallée de la Gaoube à Campan.

À cette équipe se joint une étudiante en archéologie environnementale de l’Université Paris I / Panthéon-Sorbonne (UFR 03), venant de soutenir avec succès un mémoire de Master 1 intitulé « Archéologie du paysage d’une estive pyrénéenne : Montarrouye, Campan, Hautes-Pyrénées ».

Bien au-dessus du lac de Montarrouye © CAF – 24 juin 2026

Différentes technologies non invasives – drones, LiDAR et photogrammétrie – sont mobilisées durant cette mission.

Un relevé complet en 3D doit être effectué, des Esclozes (1 350 m NGF) au lac de Montarrouye (2 000 m) et au-delà jusqu’à plus de 2 500 m d’altitude, dans le but de saisir et de mesurer les différentes formes d’occupations pastorales, actives comme fossiles, qu’il est loisible à chacun d’observer dans ces parages.

L’expédition et le campement sont à nouveau assurés par la société ARTAHE Voyages muletiers. Des bénévoles accompagnent l’équipée dont l’organisation a été prise en charge par la section Bagnères du Club Alpin Français. Une compagnie d’héliportage assure le transport du matériel lourd jusqu’au site d’observation.

L’équipe revenant fin octobre, une restitution d’étape de ses travaux est prévue au Carrefour des patrimoines à Campan.

Nouvelle approche du Grand Parc Thermal de Bagnères-de-Bigorre

La promenade du Vallon de Salut occupant l’interfluve du ruisseau de l’Aygo Tebio © OAPHB – Printemps 2026

Le grand parc thermal de Bagnères-de-Bigorre, d’une superficie de 244 hectares, bénéficie du classement au titre des Monuments naturels et des sites¹, protégeant ainsi depuis 2007 le site du Vallon de Salut & du Bédat pour ses valeurs historiques et pittoresques.

Courant juin, l’OAPHB engage une étude complémentaire pour proposer de le faire reconnaître en tant que paysage pastoral et forestier rendant des services écosystémiques² à la station thermale.

Pour ce faire, cette étude traite de ses hydrosystèmes naturels et culturels ainsi que de la question de sa gestion sylvopastorale.

L’OAPHB disposant désormais des financements nécessaires, deux autres parties prenantes participent à l’étude : le Centre des Ressources pour le Pastoralisme et la Gestion de l’Espace (GIP CRPGE 65) et le Consortium Projets Time Machine (CNRS – Université de La Rochelle), alors que l’ONF Pyrénées-Gascogne nous accompagne.

Depuis début juin, un géomaticien réunit l’ensemble des données numériques nécessaires. L’enquête menée pour évaluer la faisabilité d’un outil de gestion débute fin juillet.

La présentation des résultats de cette étude complémentaire est prévue fin novembre, en mairie, dans le cadre du Comité de pilotage Rieunel.

Les ronciers du potager et du verger de Rieunel attendant que l’équipe de bénévoles puisse poursuivre l’entretien du site © OAPHB – février 2026

D’autre part, un point d’avancement sur le relevé de la Ferme de Rieunel, mené par le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Hautes-Pyrénées (CAUE 65), sera présenté sur site dans le cadre des Journées européennes du patrimoine en septembre prochain.

Par ailleurs, une anthropologue rattachée au Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d’Histoire naturelle nous rejoint début juillet pour développer une recherche financée par la Maison des Sciences de l’Homme du Campus Paris-Saclay.

Intitulée SOURCES – Hydrosystèmes gravitaires en Haut-Adour : traces, mémoires et enjeux socio-environnementaux actuels, cette recherche porte sur les relations des Hauts-Adouriens à leur environnement.

Traitant de l’histoire des paysages, de la faune, de la flore et des milieux, elle donnera lieu à des ateliers de terrain et de cartographie autour de la question des irrigations pastorales et urbaines locales.

 

¹ La loi du 2 mai 1930 ayant pour objet de réorganiser la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque est une loi française ayant pour objet de réorganiser la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Elle crée les sites naturels classés ou inscrits. Wikipédia.
² Selon les nouveaux principes établis par l’ICOMOS: Conseil international des monuments et des sites (International COuncil on MOnuments and Sites).